Cuba

“It's time to lift the embargo. I know the history, but I refuse to be trapped by it.”

- Barack Obama, 03/22/2016

 
 
 

Trinidad

Dans la province de Sancti Spíritus, se trouve la magnifique ville de Trinidad, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988. Comme la plupart du pays, Trinidad est restée figé dans les années 50. Mais avec ses rues pavées, ses maisons coloniales hautes en couleurs, ses carrioles tirées par des chevaux et ses vieilles Ford américaines, la ville a su conserver son charme d’antan. Durant votre visite, vous ne manquerez pas de gravir les marches du clocher du couvent de St François d'Assise (reconverti en quartier général d’infanterie puis en Museo Nacional de Lucha contra Bandido en 1984). La vue sur la ville, et plus particulièrement sur la Plaza Mayor, y est imprenable. Mais ne vous arrêter pas là. Montez au sommet de la Loma la Vigía pour y admirer un panorama sur le reste de la vallée de Los Ingenios. Vous ne le regretterez pas !

En effet, pour moi, la meilleure façon de s’imprégner de la culture locale et découvrir la ville est de quitter le centre historique et de se laisser aller à déambuler, sans but précis. N’hésitez donc pas à lâcher votre Routard, trouvez un bar local où vous poser et savourez un Mojito (ou une Piña Colada) tout en écoutant cette musique au rythme endiablé qui anime la ville jour et nuit.

Histoire de Trinidad en quelques mots : (Santísima) Trinidad  fut la troisième colonie espagnole de Cuba, fondée par Diego Velázquez en 1514. Production sucrière, commerce du tabac, contrebande et esclavage ont assuré  sa renommée pendant des années. Puis au 19ème siècle, le climat socio-politique de Cuba et la diminution drastique des ressources agricoles ont entrainé la fin de sa prospérité, jusqu’alors en pleine expansion. La ville se retrouve isolée pendant plus de 100 ans. Il aura fallu attendre la construction de nouvelles voies routières et la mise en place des premiers réseaux de chemins de fer pour lui permettre de s’intégrer à nouveau au reste du pays. C’était il y a moins d’un siècle, et pourtant il ne reste plus aucune trace de cette triste époque. Comme bien des endroits sur l’île, le tourisme a donné un nouveau coup de boost a une économie en pleine crise. Aujourd’hui, Trinidad fait partie des lieux inévitables de Cuba, et on comprend bien pourquoi.

Viñales

On est tous tombé au moins une fois dans sa vie sur une photo de la vallée de Viñales, située au cœur de la Sierra de los Organos. Ses paysages sont emblématiques de Cuba et ont été reconnus Paysage Culturel par l’UNESCO. Ils se caractérisent par ses immenses montagnes de calcaire, de forme arrondie et recouvertes d’une végétation luxuriante que l’on appelle « Mogotes ». Elles offrent un contraste saisissant avec ce sol rouge hyper fertile qui permet la culture du tabac. Bien qu’on y retrouve de mignonnes petites maisons aux couleurs vives et à l’architecture coloniale (pour la plupart reconverties en casa particular), le village de Viñales en lui-même n’est pas extraordinaire. Il est donc recommandé d’aller explorer les alentours : à pied, à vélo, à cheval, le choix vous appartient. Il faut bien quelques jours au cœur des mogotes et champs de tabac pour venir à bout des nombreuses randonnées qu'offre la vallée. Chacune d’entre elles apporte son lot de surprises : un panorama époustouflant ; une rencontre insolite et authentique ; la découverte de grottes, rivières souterraines et jardins botaniques… Mais ce qui vous laissera probablement le plus sans voix, et pas forcément dans le bon sens, c’est cette gigantesque fresque aux couleurs criardes, pas du tout "préhistorique" sur le mogote Dos Hermanas… Ce n’est pas une priorité mais ça vaut le détour.

Du Tabac au Cigare "Havane"

Les Plants

- Le Criollo : Feuilles résistantes. Planté en plein air.

- Le Corojo. Feuilles fines et fragiles. Sous ''serres" pour limiter les effets du soleil.

Les Feuilles

- Le Ligero : Feuilles au sommet du plant, donnent la force au cigare.

- Le Seco : Feuilles du milieu du plant, donnent son arôme au cigare.

- Le Volado : Feuilles à la base du plant, favorisent la combustion du cigare.

Ces trois feuilles forment la Tripe.

- La Tripe est enroulée dans la Capote (ou sous-cape).

- La Cape.

L’ensemble des cinq feuilles constitue la Liga.

Culture

La culture du tabac dure une année et commence par le labourage de la terre par les bœufs en été. Septembre est la période des semences et novembre celle du repiquage des plants naissants. A partir de janvier, les Vegueros démarrent la récolte des feuilles, une à une. Les techniques agricoles traditionnelles, telles que la traction animale et la récolte manuelle, donnent un tabac de meilleure qualité.

Séchage

Après la récolte, les feuilles sèchent plusieurs mois sur des poutres de bois, dans les "casas del tabaco" (maisons au toit de palme). Une feuille fraîchement cueillie sera sur la poutre inférieure alors que les feuilles plus matures sont en hauteur.

Macération et Fermentations

La macération est une étape déterminante puisqu'elle définit le futur goût du cigare. Le miel, la vanille et le rhum sont les trois arômes les plus utilisés mais chaque fabricant a sa propre "recette maison". Ensuite il y a les fermentations (une à 35°C puis à 42°C) qui permettent la fixation des arômes et la purification des feuilles séchées avec l’élimination de la résine en excès et des impuretés résiduelles. Puis triées en fonction de leur taille, teinte et texture, les feuilles sont mises en balles pour finir leur maturation (de 6 mois à 2 ans).

Le Havane

Le fameux Havane est considéré comme l’un des meilleurs cigares au monde. Son goût unique est dû à plusieurs facteurs : la qualité du sol qui permet la croissance d’un tabac d’exception et le savoir-faire dans le choix des feuilles et leur association. Il faut savoir que seul un cigare aux origines 100% cubaines (plants, culture, manufacture) ne peut porter le nom de Havane. Et ce qui est produit à Cuba, reste à Cuba puisque 90% de la production de l'île est réservée à l’Etat.

La Havane

Centre économique et administratif de Cuba, la ‘‘Clé du Nouveau Monde et Rempart des Caraïbes’’ se découvre au gré de ses différents quartiers :

Vieja Habana : "Son centre ancien conserve un mélange intéressant de monuments baroques et néoclassiques, ainsi qu'un ensemble homogène de maisons avec des arcades, des balcons, des grilles en fer forgé et des cours intérieures." (UNESCO, 1982). Bienvenu dans la vieille ville de la Havane, lieu hautement touristique ! Construite autour de quatre places centrales (Plaza de Armas, Plaza Vieja, Plaza de San Francisco de Asis, Plaza de la Catedral), c’est la partie la mieux conservée (et restaurée) de la ville. On y retrouve de jolies maisons coloniales aux couleurs chaudes et à l’architecture commune : présence de Patio, Persienne et de Portiques (la règle des 3 P). Tous ces éléments permettent de garder une certaine fraicheur, en toute saison. Autant dire qu’il est très agréable de s’y balader.

El Centro Habana : Cœur de la Havane, il s’agit probablement du quartier le plus représentatif de la vie à la cubaine. Ici on se mêle à la population locale et on découvre leur quotidien. La transition entre ce quartier ''populaire'' et le centre historique est impressionnante.  La décrépitude, la saleté et le manque d’entretien apparent de certains bâtiments laissent entrevoir un lourd passé et les difficultés économiques auxquelles a dû faire face l’île. Sans oublier les nombreux ouragans qui frappent le pays chaque année…

El Malecón : Promenade en bord de mer. Idéal pour prendre l’air et quitter l’agitation des rues du Centre Havane.

El Vedado : Quartier où se sont déroulées les principales luttes révolutionnaires du pays. Aujourd’hui encore la Plaza de la Revoluciòn est le lieu de rassemblement des grandes manifestations, sous l’œil bienveillant de Che Guevara et de Fidel Castro, en représentation un peu partout.

Que retenir de cette visite aux quatre coins de la capitale ? L’héritage architectural est riche et les contrastes sont nombreux - l’ancien & le moderne, et la richesse & la pauvreté se côtoient dans une Havane à la fois ancrée dans le passé et tournée vers le futur.

Il est maintenant temps de faire une pause. Les amoureux de littérature voudront probablement suivre les traces du grand Ernest Hemingway en allant boire un Mojito au bar La Bodeguita Del Medio ou un Daiquiri à La Floridita. Pour ma part, je me suis plutôt laisser tenter par une autre boisson typiquement cubaine, le Guarapo, un jus de canne fraichement extrait. Avec plus de 30˚C à l’ombre, cette boisson est un pur bonheur.

Playa Girón, Bahia Cochinos

Si je vous dis Playa Girón, vous pensez à quoi ? Les amateurs de plongée me diront « super spot pour le snorkeling et les randonnées palmées ». En effet on y trouve Le Centre International de Plongée tenu par Ronel (qui tient également une casa particular, au format chambre d’hôtes, avec sa femme Ivette). Que ça soit pour les débutants ou les initiés, vous serez pris en charge pour une balade aquatique au milieu des récifs coralliens et des poissons multicolores. Une merveille pour les yeux.

C’est également un petit village aux habitations modestes, bien loin des hôtels de luxe de Varadero, qui a eu un rôle important lors la tentative d’invasion de la Baie des Cochons en 1961. Petit retour sur les bancs d’école :  formés par la CIA, 1400 mercenaires Cubains anticastristes furent envoyés dans la Baie des Cochons pour renverser le Gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro (politique anti-américain). L’échec fût cuisant. Mal préparés, les envahisseurs furent repoussés en moins de 48h. Par la suite, cette défaite servie d’exemple pour le reste de l’Amérique Latine et du Tiers-Monde et renforça l’emprise de Fidel sur Cuba. Aujourd’hui encore les Cubains exposent fièrement leur victoire " Playa Girón : première défaite de l'impérialisme en Amérique latine ! ".

Varadero

‘‘Paysages paradisiaques’’, ‘‘Mer aux tons bleus’’ et ‘‘Plages de sable blanc’’ sont les principales façons de décrire Varadero. Et ce n’est pas son million de touristes annuel qui vous dira le contraire. Je m’y voyais déjà, sur ses belles plages, un verre de mojito bien frais à la main. Malheureusement je suis beaucoup moins fan de la vue : de grands complexes hôteliers en mode all-inclusive, des hordes de touristes canadiens en marcel et très peu de locaux avec qui échanger… Moi qui recherchais l’authenticité cubaine, je repasserai…  

Mais il faut tout de même savoir qu'au-delà, d’être l’une des stations balnéaires les plus prisées de Cuba, Varadero était avant tout une ville riche en Histoire.

Histoire de Varadero en quelques mots ; Le peuple aborigène Arawak, fut le premier à habiter la région. Mais au 16ème siècle, les Espagnols décidèrent de s’installer pour de bons afin de tirer profit des salines et ainsi développer le commerce du sel en Europe. C’est à cette époque que le nom de « Varadero », « lieu d’échouage » en espagnol, fut utilisé pour la première fois, faisant référence  à l’immobilisation des bateaux pour leur entretient. C’est seulement à la fin du 19ème siècle que les premiers touristes firent leur apparition et que la ville devint une station balnéaire pour les riches Havanais et Américains. Cette invasion touristique fut momentanément stoppée à l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir qui souhaitait améliorer le quotidien des cubains et faire de Varadero un lieu accessible à tous. Mais la crise économique des années 1990 l’obligea à reconsidérer l’ouverture de la Péninsule au tourisme. Cette décennie marque alors  le début de la construction des premiers hôtels tout-inclus, de 4 ou 5 étoiles, tant appréciés par les Canadiens*.  Aujourd’hui la situation a bien changée puisque la population cubaine n’a accès qu’a certaine zone de la ville…

*Bien qu’en expansion, le nombre de touristes Américains reste à ce jour relativement faible suite aux restrictions imposées par le gouvernement US, interdisant à ses citoyens de voyager vers Cuba directement depuis les États-Unis. 

Los Cubanos

Durant ce voyage les cubains et cubaines m’ont fait vivre des moments inoubliables, sans rien attendre un retour. J’ai notamment assisté à la fabrication de cigares « du Che » en détail, je les ai écoutés chanter l’histoire de leur pays et j’ai passé des heures à discuter avec la petite mamie de la Casa Salernitana de Trinidad, comme une petite-fille qui se confie à sa grand-mère. Ces instants de partage n’ont pas de prix…

Je me suis rendue compte que chacun avait sa petite histoire, son anecdote et une envie bien présente d’en savoir plus sur le reste du monde. Bien que le pays commence peu à peu à sortir de son isolement, l’accès à l’information reste encore limité (en 2016). Les questions fusent. Leur intérêt se porte aussi bien sur la politique, le cinéma, la façon de vivre en Europe que sur mes propres choix de vie. A la fin de la discussion, nous repartons chacun de notre côté, le sourire aux lèvres.

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Au Travers L'Objectif

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