L'ouest canadien

“Délaisse les grandes routes, prends les sentiers.”

- Pythagore (580 av. JC - 490 av. JC)

Situées entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, les Rocheuses Canadiennes (Rockies) font partis de ces miracles de la nature qui ne laissent pas indifférent. Entre montagnes, glaciers et grands lacs, c'est typiquement le genre d'endroit où se rendre pour faire le plein d’énergie. Cette région du Canada attire chaque année des centaines de milliers de touristes, venus du Monde entier. Certains viendront pour faire une coupure avec la vie ‘‘réelle’’ et déconnecter ; d'autres y verront la destination idéale pour se dépasser et découvrir de nouveaux horizons ; et d'autres encore rechercheront la photo parfaite qui suscitera un maximum de ‘‘Like’’ sur Instagram. Au final, chacun y trouvera son compte  selon sa sensibilité, ses attentes et ses exigences.

J'entends beaucoup de personnes me dire qu'elles ne veulent pas voir des photos des différents parcs et lacs avant de se rendre sur place car ils auront l'impression de déjà avoir tout vu. Rassurez-vous ce n'est pas le cas ! Votre voyage ne sera pas le même que celui de votre voisin ou que le mien. Les paysages évoluent d'un jour à l'autre et au gré de la météo. Chaque saison offre son lot d’avantages et d’inconvénients. En hiver, les silencieuses Rockies sont figées dans le temps. La neige et la glace s'installent, rendant certes les chemins de randonnées inaccessibles mais offrant des paysages à couper le souffle. En été, la faune et la flore reprennent goût à la vie. La fonte des glaces et la sortie des animaux de leur état d'hibernation marquent définitivement la fin d'un hiver interminable. Vous l'aurez compris, ici on vit au rythme des saisons. C'est selon moi ce qui rend cet endroit si magique : impossible de se lasser !

 

Les Rocheuses Canadiennes

Entre sommets, glaciers, grands lacs, chutes, canyons et grottes calcaires, les Rocheuses Canadiennes offrent des paysages montagneux époustouflants. Elles sont composées des parcs nationaux de Banff, Jasper, Yoho et Kootenay et des parcs provinciaux du Mont Assiniboine, du Mont Robson et Hamber. Reconnus pour la splendeur de leurs paysages, ces sept parcs font partis du patrimoine mondial de l'Unesco. Durant mon séjour je me suis rendue dans trois d'entre eux : les parcs de Yoho, Banff et Jasper. Espacés de plusieurs centaines de kilomètres, la route est le meilleur moyen de les relier.

Entre Banff et Jasper, la Icefield Parkway, longue de 232km, vous fera traverser le cœur des Rockies Canadiennes. Ponctuées de plus de 100 anciens glaciers, de lacs turquoise, de cascades gigantesques, cette route est une merveille à elle seule.

Plus courte, la Bow Valley Parkway (48km), rattache le village du lac Louise et la ville de Banff. Moins frequentée que la Trans-Canada Highway, il est agréable de l'emprunter. Gardez à l'esprit que de sortir des sentiers battus peut augmenter vos chances de croiser un Orignal ou un autre animal sauvage.

Ce road trip offre la possibilité de voir  une multitude de paysages, de s'arrêter pour découvrir de nouveaux chemins de randonnées et d'observer des animaux le long de la route. Pour pouvoir profiter de ces merveilles de la nature, il faut simplement accepter l'idée de prendre son temps. Emprunter la Icefield Parkway ou la Bow Valley Parkway, c'est plus que de circuler sur des routes de montagne; c'est un voyage en soi.

 

SUR LA ROUTE DES LACS

Cette couleur bleue, d'où vient-elle ? Pourquoi si bleu ?

Les Rocheuses, ce sont aussi des lacs, beaucoup de lacs, tous plus beaux les uns que les autres !

 

La couleur turquoise éclatante de ces lacs glaciaires est due à la “farine de roche”, constituée de fines particules de roche, pulvérisée par le déplacement des glaciers. Ces particules de roche roche réagissent à la lumière entrante et réfléchissent ce que nous percevons comme une couleur bleue-verte. Chaque jour, selon la luminosité, c'est un nouveau spectacle qui apparait, aux mille et une nuances.

J'avoue, avant de le voir de mes propres yeux, il me paraissait improbable que les photos de ces lacs, d'un bleu si intense, soient sans retouches et #nofilter comme on se plait à le dire sur Instagram. Et pourtant...

Les Rocheuses Camadiennes

Les plus beaux Lacs

 

LA FOLIE DES TRAILS

 
 
 
 

Froid glacial 

Mont Edith Cavell

Jasper

Sentier du passage du glacier

1.4 km aller-retour - 1 heure

Gain/perte d’altitude de 70 m

Le mont Edith Cavell est un sommet impressionnant de 3300 mètres. Depuis août 2012, l’accès au Mont est limité. En effet, lors de ce mois d’été 2012, un morceau du glacier Ghost se détacha (de 125 000 mètres cube, soit l’équivalent de 1428 autobus. Pas petit le morceau…). En tombant dans l’étang, la glace a provoqué une crue soudaine, emportant des fragments de glace, des roches et des débris en aval. L’eau a emporté des tronçons de sentier, a profondément érodé le lit du ruisseau et a tout recouvert sur son passage. Depuis, le sentier a été restauré et il est de nouveau possible d’emprunter les chemins de randonnées dans les prés de fleurs alpines. Il faut tout de même garder à l’esprit que de nouvelles chutes de roche, de glace et de neige pourraient encore se produire.

Mont Edith Cavell
52°40'08.1"N 118°03'23.7"W
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Glacier Athabasca

Champ de glace Columbia

Le glacier Athabasca (superficie : 2,317 mi²), ainsi que les trois quarts des plus hauts sommets montagneux des Rocheuses, fait partie du champ de glace Columbia. Cet amas de glace résulte de l’accumulation des neiges hivernales qui ne parviennent pas à fondre durant l’été, et se transforment donc en glace. Il est difficile d’estimer la hauteur de ce majestueux glacier. En effet, dû au réchauffement climatique, le glacier Athabasca est en mouvement perpétuel. En 125 ans il aurait perdu la moitié de son volume et aurait reculé de près de 2km. L’Homme a souvent tendance à se sentir petit face à ce genre de relief, mais au final on se rend bien compte que rien n’est éternel et que nous laissons notre empreinte bien plus que nous le pensons. A cette allure, d’ici des centaines d’années, les glaciers ne seront plus qu’un vague souvenir... Dure réalité.

J’ai vécu sur ce glacier une expérience unique : le ice-trekking. Comme son nom l’indique il s’agit d’un trek sur glace. Une fois chaussé de crampons et équipé pour braver le froid, l’ascension commence, accompagné d’un guide de haute montagne  (O-BLI-GA-TOI-RE ! Un glacier reste un environnement dangereux : tempêtes, avalanches et crevasses ne sont pas rares). Au pied du glacier il fait beau, le ciel est dégagé. Sur les hauteurs, il pleut, il neige, il vente, les éléments se déchainent. C’est transi de froid que je découvre un monde tout en reliefs, aux couleurs froides incroyables (du bleu, blanc, du gris, du noir à perte de vue). Les conditions ne sont pas faciles mais la beauté des lieux en vaut la peine, Je ne m'attendais pas à y voir des courants d’eaux translucides et des crevasses aussi vertigineuses. Unique !

Champ de Glace Columbia
52°13'17.8"N 117°14'17.8"W
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Mont Athabasca
52°10'48.5"N 117°11'41.9"W
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Sortir des sentiers battus 

Consolation Lakes

Banff

5.8 km aller-retour - 2 heures

Gain/perte d’altitude de 65 m

Après s’être émerveillé de longues minutes devant l’impressionnant lac Moraine, il est possible de prendre le départ de différentes randonnées, aux difficultés variées. Les sentiers menant aux lacs Consolation demande un effort modéré, qui sera bien entendu récompensé à l’arrivée. Entourés de prairies aux herbes hautes et de montagnes alpines, il est agréable de s’y reposer avant de reprendre la route. 

Mont Sulphur

Banff

11 km aller-retour - 2 heures

Gain/perte d’altitude de 700 m

Deux options s’offre aux visiteurs avant le début de la montée : prendre les télécabines pour monter jusqu’au sommet ou bien marcher. Ceux qui ont le temps emprunteront, comme nous, le sentier en lacet (hyper raide) du Mont Sulphur. J’ai sué. J’ai râlé. Mais j’ai vaincu (pas sans fierté). Franchement, je n’en voyais pas le bout. Après chaque virage mes espoirs de fin calvaire s’envolaient. Et puis soudain la délivrance, le sommet est atteint. Déjà à bout de souffle, la vue sur la vallée de la Bow et la ville de Banff m’époustoufla. Le ciel étant dégagé nous avions une vue incroyable sur toute la vallée. Il est possible de prendre un peu plus de hauteur en se rendant ensuite à l’observatoire météorologique du Mont-Sulphur. Le petit plus de cette rando ce sont les hot spring de Banff situées juste au pied du Mont: le pied pour un repos bien mérité !

Johntson Canyon

Banff

3.5-4 km aller-retour - 1.5 heure

Gain/perte d’altitude de 150 m

Le canyon Johntson figure parmi les attractions naturelles les plus spectaculaires du parc de Banff. L'eau omniprésente contribue à l'érosion de la roche et au développement du calcaire, rendant les parois jaune-orangées. Une passerelle mène directement dans les profondeurs de la gorge et traverse un tunnel pour aboutir aux impressionnantes chutes inférieures, où la vapeur d'eau rafraichissante du ruisseau reste en suspension. Au-delà des chutes inférieures, le sentier zigzague en grimpant jusqu'à un chapelet de cascades pour finalement gagner les chutes supérieures, qui font 30-40 mètres de hauteur. En montant au sommet des chutes, c'est un panorama sur le canyon qui s'étend sous nos yeux ébahis. Le petit plus, en continuant en direction des Ink Pots, c'est une grotte ‘‘secrète’’ située hors des sentiers balisés. Au niveau de cette grotte, un énorme morceau de roche se tient en équilibre. La raison voudrait qu'on l'observe sagement en sécurité; le cœur, lui, nous pousse à nous approcher...

Big Beehive Lookout

Banff (Lac Louise)

10.3 km aller-retour - 1.5 heure

Gain/perte d’altitude de 520 m

Cette randonnée démarre directement du Lac Louise avant de se poursuivre en direction du Lac Mirror puis du Lac Agnès. Au-delà de ce dernier, un sentier en lacet permet l'ascension au mont Big Beehive. Une fois atteint,  un panaroma sur le lac Louise,  son chateau​ et sur la vallée de la Bow nous accueille. 

Col Wilcox

Jasper

8 km aller-retour - 2-3 heures

Gain/perte d’altitude de 335 m

Ce sentier de randonnée permet de rejoindre le sommet du col, tout en traversant une forêt alpine puis de vastes prairies. Une fois en haut, la tête quasi dans les nuages, vous aurez une vue imprenable sur le glacier Athabasca (et peut-être qu’avec un peu de chance vous y rencontrerez quelques mouflons d’Amérique). Pour la petite histoire, lors d’une violente tempête en août 1907, le géologue canadien Arthur Coleman perdit son cheval Topsy durant sa traversée du col Wilcox. C’est la pionnière Mary Schäffer, célèbre pour ses expéditions dans les Rocheuses canadiennes, qui retrouva Topsy, alors qu’elle recherchait le lac Maligne. Apres avoir remis le cheval en mains propres à son propriétaire, l’exploratrice reprit ses recherches. C’est grâce aux indications du jeune Samson Beaver (membre de la tribu des Assiniboines) qu’elle le découvrit finalement en 1908.

Vallée des Cinq Lacs

Jasper

4.6 km aller-retour - 2 heures

Gain/perte d’altitude de 66 m

Le long de la Icefield Parkway, en direction de Jasper, un nouveau chemin de randonnée fait son apparition. Ce nouveau sentier a la particularité de longer cinq lacs aux profondeurs, à la taille et aux couleurs diverses et variées. Le premier est immense, le second est vert, le troisième offre un dégradé du bleu au vert... Plutôt facile, cette balade offre un moment de répit très agréable au travers la forêt.  

Col Wilcox
52°13'23.1"N - 117°11'36.3"W
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Big Beehive Lookout
51°24'55.4"N - 116°14'33.8"W
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Vallée des Cinq Lacs
52°49'14.6"N - 118°01'26.4"W
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Johnston Canyon
51°14'46.0"N - 115°50'23.1"W
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Mont Sulphur
51°07'27.6"N - 115°33'19.5"W
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Lacs Consolation
51°19'03.6"N - 116°09'08.9"W
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Des chutes et encore des chutes 

Takkakaw Falls

Yoho

17.3 km aller-retour - 6.5 heures 

Gain/perte d’altitude de 684 m

En langue cri, ‘‘takkakaw’’ signifie ‘‘c'est merveilleux’. Cette immense cascade de 254 mètres, l'une des plus grandes du Canada,  est alimentée par le glacier Daly, à 350 mètres en amont. Ce glacier fait parti du champ de glace Waputik. A chaque été, c'est la fonte de ses neiges hivernales qui conduit à la formation de ce puissant torrent d'eau. En automne, le volume diminue jusqu’à n’être plus l’hiver, qu’un mince ruban de glace attendant le retour libérateur de l’été.

Athabasca Falls

Jasper

C’est avec force que les eaux de la rivière Athabasca se jettent dans un étroit canyon, à plus de 23 mètres de hauteur. Dans ce décor montagneux, la grandeur et la démesure de ce rideau d'eau impressionne (et mouille quelque peu...) par sa puissance. En 1810, un explorateur canadien, David Thompson, navigua sur la rivière Athabasca afin de rejoindre l'océan Pacifique. C'est durant ce long périple qu'il a découvert le célèbre col Athabasca. Par la suite, cette partie des Rocheuses Canadiennes devint un point stratégique pour le développement de la région. Aujourd'hui, une ligne de chemin de fer et une route transcontinentale longent la rivière qui fut reconnue pour sa valeur historique (rivière du patrimoine canadien depuis 1989).

Sunwapta Falls

Jasper

2.6 km aller-retour - 1 heure

Gain/perte d’altitude de 87 m

Composées de trois grandes cascades, les chutes Sunwapta inférieures se situent sur la promenade des Glaciers, dans une vallée dite ‘‘suspendue’’. Il y a 8 000 ans, lorsque les glaciers se sont reculés dans les terres, de nombreuses vallées suspendues se sont formées. Il en existe de deux sortes : les plus grandes, sculptées plus profondément, et les petites. Quand elles fusionnent, la plus petite devient alors ‘‘suspendue’’ à la seconde. Ici, la vallée de la Chaba (plus petite et donc suspendue) et la vallée de l'Athabasca (plus grande) se rejoignent pour former les chutes Sunwapta, une cascade en gradins spectaculaire.

Chutes Takakkaw
51°30'03.0"N - 116°28'25.7"W
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Chutes Athabasca
52°39'52.7"N - 117°53'01.4"W
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Sunwapta
52°31'58.4"N - 117°38'49.0"W
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PROMENADE DES GLACIERS

Glacier (n.m.)Accumulation de glace continentale issue de la transformation de la neige et soumise à un écoulement lent.

L'ensemble des glaciers représente environ 75% des réserves d'eau douce de la planète. On les retrouve dans les régions polaires ou localisés dans les massifs montagneux les plus élevés.

Un glacier se constitue par accumulation de neige en hiver. Ne parvenant pas à fondre d'une année à l'autre, la neige résiduelle se transforme peu à peu en névé, puis en glace. Quand cette dernière atteint plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur, sa base devient plastique. Soumise à l'action conjuguée de la pesanteur et de la pression (d'autant plus forte que l'épaisseur de la glace accumulée en amont est importante), elle se met à fluer, descendant les pentes ou se répandant dans toutes les directions. L'inégale vitesse d'écoulement de la glace est à l'origine de la formation des nombreuses crevasses presentent sur tout le relief des glaciers.

 

À voir, et à revoir

Testé et Approuvé

Ce voyage, je l'attendais avec impatience. Dans ma tête, c'était clair, net et précis "Il est hors de question que je quitte le Canada sans avoir été dans les Rocheuses". Et il était impensable que je n'y passe qu'une seule semaine. C'est donc à la fin de mon contrat de VIE, début septembre, que je suis partie 3 semaines dans l’Ouest canadien. J'étais super excitée, pleine d'attentes et limite angoissée à l'idée de ne pas pouvoir tout faire. Avant de partir, j'ai ratissé le web et Instagram en long en large et en travers de façon à organiser le "meilleur" road trip possible (en tout cas celui qui me correspondait le mieux). Au fur et à mesure que le départ approchait je ne pouvais m'empêcher de me demander "Est-ce que ce voyage sera comme je l'imagine ?", "Est-ce que les lacs sont aussi bleus que sur les photos ?", "Est-ce que je vais me retrouver nez à nez avec un ours ?"... Au fond de moi j'avais cette peur d'être déçue tellement mes attentes étaient grandes. Bien entendu ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Dès ma première randonnée je me suis pris une véritable une claque "Waouh ! C'est donc ça les Rocheuses ?!". J'ai alors aussi pris conscience que l'Ouest Canadien ça se mérite. Il faut donner un peu de soi et transpirer à grosses gouttes, sinon ça serait beaucoup trop facile*. 

* Sachez tout de même que la plupart des attractions touristiques sont directement accessibles en voiture, ce qui permet aux familles ou aux personnes a mobilité réduite de pouvoir également profiter de la vue sans fournir de trop gros efforts.

A mille lieux de la ferveur de Toronto, je me suis sentie privilégiée et en totale harmonie avec la nature environnante. Ce sentiment de sérénité, procuré après l'effort, ne m'a jamais vraiment quitté pendant ces 3 semaines.  Les mots manquent à décrire ce que j'ai ressenti mais je pense que "Authenticité", "Dépaysement" et "Fraîcheur" conviendront plutôt bien. Le superficiel et l'urbanisation n'ont pas leur place dans ce genre d'endroit, et j'espère que cela ne changera pas de sitôt.

Il me tarde d'ailleurs de pouvoir y retourner pour (re)découvrir de nouveaux points de vue. Oui vous avez bien lu, je veux y retourner car il est impossible de tout faire en si peu de temps (contrairement à la France, le Canada est un vaste territoire et il est parfois difficile de gérer le temps et les distances...) Cette fois-ci je compte bien m'essayer aux célèbres Legacy Trail (22.3 km)  et Sentinel Pass (10.5 km).

 

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Big Beehive Lookout

51°24'55.4"N - 116°14'33.8"W