Selon moi le Quintana Roo a deux visages. Au nord, de Cancún à Playa del Carmen, ce sont des kilomètres de plages de sable blanc, et de... resorts (très appréciés des touristes, Nord-Américains pour la plupart). On vient ici pour poser ses fesses dans un transat, boire des cocktails à longueur de journée et faire la fête (j'exagère mais voilà l'idée). C'est ce qu'on appelle la Riviera Maya et pourtant... Elle est bien  loin la culture Mexicaine... Au sud par contre c’est plutôt ”Luxe, Calme et Volupté”. Les touristes (peu nombreux) profitent des lagunes aux nuances de bleus turquoise avec bonheur. Deux ambiances qu’il est important de saisir selon ses désirs de vacances.

​Attention : l’État du Quintana Roo a un fuseau horaire différent du reste du Mexique. Vous aurez donc une heure de plus à Bacalar qu’à Izamal.

 

Bacalar, "La Laguna de los Siete Colores"

Bacalar, situé au sud du Quintana Roo en direction du Belize, est un petit coin de Paradis. Loin de l’effervescence du reste de la Péninsule, ce petit village mexicain respire la tranquillité et la simplicité. Plutôt calme en journée, la place centrale s’anime chaque soir au son de la musique latino. C’est dans cette ambiance festive que les touristes viennent se restaurer, après une journée de farniente. En effet, le principal intérêt de Bacalar réside dans sa lagune de 42 km de long et 4km de large, propice au repos.

La ”Lagune aux 7 couleurs », rien que le nom fait rêver et pourtant les nuances sont infinies... Selon l’ensoleillement et la profondeur des fonds marins, les couleurs se renouvellent constamment : tantôt turquoise ou bleu marine, elle tend à s’embraser à chaque lever et coucher de soleil. On ne se lasse pas de ce spectacle, d’autant plus qu’il existe de nombreuses façons d’en profiter. A vous de trouver celle qui vous convient le mieux : 1/ Se lever aux aurores pour assister au lever du soleil depuis un hamac. 2/ Se laisser bercer sur l’une des nombreuses balançoires installées en bord de rive. 3/ Louer un kayak ou un paddle et partir au large. 4/ S’offrir une pause fraicheur et venir piquer une tête. 5/ S’initier au snorkelling... Vous l’aurez compris, ici on vit à la cool - doucement le matin et surtout pas trop vite le soir. D'ailleurs quoi de mieux que de finir la journée en sirotant avec un petit cocktail dans un bar ‘avec vue’ ou sous une palapa (petite paillote au toit de paille qui donne un accès privilégiée à la lagune). Il faut au moins ça pour se remettre de nos émotions !

Fort San Felipe (1725 - 1733) - Pour ceux qui ont besoin d’une activité plus stimulante, il est possible de visiter le Fort de Bacalar et de se plonger dans l’histoire de la piraterie. Aujourd’hui transformé en musée, il servait à l’époque de remparts et de poste d’observation afin de prévenir des attaques venues de la mer.

Cenote Cocalitos - En plein milieu de la lagune, ce cenote aux caractéristiques géologiques bien particulières, mérite qu'on lui accorde quelques lignes. En effet, il fait partie des rares endroits au monde où l’on peut encore observer des stromatolithes. Au premier abord, cela ressemble à de gros cailloux plats. En réalité, il s'agit de formations calcaires sur lesquels se sont développées des cyanobactéries. Selon l’activité bactérienne, leur aspect peut varier (taille, forme, couleur…). Formés il a des milliards d’années (dans des eaux chaudes de faible profondeur) la plupart des stromatolithes ont disparu.

Tulum

Tulum, petit village plein cœur de la Riviera Maya et proche de la réserve de Sian Ka’an, est devenu une destination incontournable du Quintana Roo. C’est un tout nouveau tourisme qui se développe ici, orienté « éco-chic », très apprécié des hipsters au style bohème.  Toute la ville s’est construite autour de cette idée, le but étant de profiter du cadre idyllique qu’offre Tulum et d’attirer le plus grand nombre.

Une ville, une plage paradisiaque et un site archéologique mythique. Voici ce qui caractérise Tulum.

Tulum, un centre-ville

‘Centre-ville’ c’est un bien grand mot. Il s’agit plus d’une longue route (la  nationale 307) qui traverse le village du nord (direction Playa del Carmen) au sud (direction Bacalar). C’est un peu décevant je dois dire… En s’aventurant un peu plus on s’aperçoit que, de part et d’autres, il y a tout de même quelques bars, restaurants et boutiques, où on aime se réunir le soir, à prix abordables. Mais tout de même, on ne s’attend pas à ça. On comprend donc très vite que, contrairement à de nombreuses villes touristiques de la péninsule, l’attraction de Tulum se trouve ailleurs, plus en périphérie.

Tulum, une plage paradisiaque

Sable blanc, eaux turquoise, palmiers… que demander de plus ?* C’est sur cette plage aux allures de carte postale qu’ont élu domicile une centaine de complexes hôteliers. Grâce à une campagne marketing orientée vers l’éco-tourisme et le luxe, la ville de Tulum a fait le pari d’attirer une clientèle haut de gamme sur ce site longtemps délaissé. Petits restaurants chics (menu gluten-free ou 100% vegan), cours de yoga et de méditation au réveil, … toutes les nouvelles tendances bien-être sont ici (j’exagère un peu mais vous voyez le genre). Et malgré des prix outrageusement exorbitants on peut dire que le pari est réussi. Au fil des années, Tulum et sa plage de rêve est devenu « the place to be », un spot ultra-branché de la côte caribéenne.

* En vous éloignant un peu de Tulum, vous pourrez accéder a un grand nombre de cenotes - un autre moyen de combiner ‘petit coin de paradis’ et détente. Et pour les amateurs de plongée, sachez que certains d’entre eux louent des équipements et vous permettent ainsi d’explorer plus en profondeur ces trous d’eau (Dos Ojos par exemple).

Tulum, un site archéologique

Contrairement à la plupart des anciens sites Mayas de la péninsule du Yucatán, la colonisation espagnole n’aura pas eu un effet positif sur Tulum puisqu’elle provoqua la désertion de la cité. Conquise tardivement, en 1544,  elle fut abandonnée jusqu’en 1916. Et pourtant, bien avant l’arrivée des espagnols, c’était une ville Maya prestigieuse. Fondée en 564 sous le nom de Zamá (‘Aube’ en langue Maya), cette ancienne cité avait des caractéristiques rares.

Construite en surplomb de la mer des Caraïbes et protégée par des fortifications, Tulum (qui signifie ‘Muraille’) a su tirer parti de sa position stratégique : en plus d’être en mesure de prévenir des attaques terrestres et maritimes, c’est devenu un important port de commerce dans la région. En effet, à la fin du règne de Mayapán*  (XVè siècle), seules les cités côtières telles que Tulum sont parvenues à subvenir aux besoins du reste de la péninsule. Que ça soit l’import de pierres précieuses (turquoise, jade, ambre), de métal, de cacao…ou l’export de poissons, miel, tissages,… tout y passait.

Aujourd’hui il ne reste de ce site unique que quelques ruines bien conservées. Leurs positions, à flanc de falaise, nous impressionnent malgré une architecture assez simple et peu chargée. Quelques peintures murales et sculptures inspirées des Toltèques (le serpent à plumes Quetzalcóatl, emblème de la cité de Chichén Itzá) peuvent tout de même être observées, ainsi que de nombreuses représentations du dieu descendant (Vénus avec  les pieds diriges vers le ciel et la tête vers terre), un symbole fort et récurrent de Tulum.

 

* Mayapán : Selon l’histoire, la ville de Mayapán entraina la chute de Chichén Itzá et devint la dernière capitale du monde Maya.

Biósfera de Sian Ka´an (“Là où nait le ciel”) *

La visite de la réserve de Sian Ka’an restera l’un de mes plus beaux souvenirs lors de ce voyage au Mexique. J’ai eu la chance de partir en excursion avec Martine* le temps d’une journée. Au programme : visite de la réserve, découverte d’un site Maya et flottaison dans la lagune.

Sian Ka’an est classée « Réserve de le Biosphère » par l’Unesco (1987) et appartient également au patrimoine mondial de l’Humanité. Attention, n’entre pas dans cette catégorie qui veut. Selon l’Unesco, “Les réserves de biosphère sont des zones comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers. Chaque réserve favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable“. Avec sa forêt tropicale, ses mangroves et sa lagune, Sian Ka’an rempli parfaitement tous les critères définis par l’Unesco. De plus, un certains nombres d’initiatives ont été mises en place afin de préserver au maximum cet écosystème de plusieurs centaines de milliers d’hectares. Comme par exemple, la traversée de la forêt qui se fait sur un ponton, aménagé et entretenu par la communauté maya de Muyil en charge du site (on évite ainsi de piétiner et de dévier du chemin tracé).

La visite démarre par la découverte de la forêt tropicale. Quoi de mieux que de prendre un peu de hauteur pour se rendre compte de son étendue ?! Pour cela il suffit de grimper au sommet d’une (immense) tour d’observation, située à quelques mètres à peine de l’entrée du site. Entre le contraste du vert de la jungle et du bleu turquoise de la lagune, le 360˚ est à couper le souffle. Une fois redescendu sur terre, pour ne pas faire de mauvais jeu de mots, on  poursuit dans une forêt dense et humide, aux nombreux arbres ‘étranges’ (tel que le sapote, l’arbre à chewing-gum ou bien le toxique chechen), jusqu’à l’entrée d’un site archéologique Maya : Muyil. Englouti sous cette végétation luxuriante, la surprise est de taille quand on se retrouve nez à nez avec ce géant de pierres. Beaucoup moins connu que son cousin Chichén Itzá, on a la chance de pouvoir s’asseoir autour de la pyramide principale et d’écouter inlassablement Martine nous raconter l’histoire de ce site d’exception. Seul le chant des oiseaux vient briser le silence (d’ailleurs, il y aurait plus de 340 espèces d’oiseaux recensés dans toute la réserve).

Une fois cette immersion dans la forêt terminée, direction la lagune de Sian Ka’an et les canaux de Chunyaxché. Muni de nos gilets de sauvetage, nous montons à bord d’une lancha, une petite barque motorisée. La traversée se fait en douceur, regards perdus vers l’horizon. En passant du bleu turquoise au bleu marine, c’est un spectacle aux milles nuances de bleu qui s’offre à nous. Puis d’un coup le paysage change. La lancha s’engage sur les canaux à l'eau cristalline et couleur menthe à l’eau. C’est ici, au milieu de la mangrove, que démarre notre initiation à la flottaison. Le concept est assez simple : il faut se « jeter à l’eau » et de se laisser  dériver, tout en restant tranquillement assis sur son gilet de sauvetage. Pour les plus réticents, sachez que l’eau est peu profonde et tellement transparente qu’on sait où on met les pieds. L’expérience est assez incroyable. Sans un bruit, on écoute et on observe (hérons, urubus, poissons…) tout en se laissant porté par le courant. Notez que ces canaux étaient une voie de commerce très empruntée puisqu’ils relient la lagune à la mer des Caraïbes.

* Les articles sur Sian Ka'an et Muyil ont soigneusement été relus et approuvés par Martine avant publication. Encore un grand merci. 

La Baie d'Akumal, "Le Paradis de l’Homme ou l’Enfer des Tortues"

Soyons honnêtes, qui n’a jamais rêvé de pouvoir nager au milieu de tortues marines, dans leurs habitat naturel ? Le jour où tu peux le faire, c’est presque un rêve de gamin qui se réalise. Oui, mais à quel prix ? La question est plus que jamais d’actualité à Akumal.

Lieu de prédilection pour 3 espèces de tortues marines (la tortue verte Chelonia mydas ; la tortue caouanne Caretta caretta et la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata), la baie d’Akumal est victime de son succès. En effet, le développement touristique ainsi que l’urbanisation de la Riviera Maya a eu un très fort impact négatif sur l’environnement (pollution, déchets, contamination des eaux, détériorations du paysage…) et sur la survie des tortues marines qui ont élu domicile dans la baie (alimentation riche, lieu de reproduction et de nidification).

Les autorités mexicaines se devaient de réagir. C’est pourquoi, depuis 2015, des règles et des lois ont été mises en place afin de protéger ces espèces en voie de disparition. La nage avec les tortues est toujours tolérée mais sous certaines conditions : uniquement dans des zones surveillées et délimitées ; en surface ; avec des horaires à respecter ; un nombre de nageurs limite... Toute infraction peut être sanctionnée par une amende, il en va de la survie de l’animal. Si les choses ne changent pas, les tortues d’Akumal ne seront plus qu’un souvenir…

Je serais hypocrite de vous dire de ne pas y aller car je me suis moi-même rendue dans la baie pour pouvoir les observer (tôt le matin pour justement les laisser nager librement sans que l’on soit dix personnes autour). Il faut simplement prendre conscience que notre présence et nos comportements ne sont pas sans conséquences : les tortues désertent peu à peu la baie et le stress engendré génère des maladies qui peuvent conduire au décès de l’animal. 

J’avais très longtemps hésité à aller à Akumal pour toutes les raisons énoncées ci-dessus. Et pour être honnête, je me pose encore la question « est-ce un incontournable ? ». Je n’en suis vraiment pas sûre. Certes je me sens heureuse et privilégiée d’avoir pu voir trois magnifiques et énormes tortues marines qui m’ont fait l’honneur de leur présence. Mais je me suis aussi rendue compte que nous pouvons être très égoïstes. Malgré les mesures mise en place, certains n’hésitent pas à les toucher, les encercler… Comme si, sous prétexte de vivre un moment d’exception nous pouvons tout nous permettre. Je pense que nous devons prendre conscience que c’est une chance de pouvoir, aujourd’hui encore, observer ces tortues dans leur milieu naturel. Faisons en sorte qu’elles y restent.

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Au Travers L'Objectif

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