Civilisation Mésoaméricaine, le peuple Maya est originaire de la péninsule du Yucatán (Attention à ne pas confondre avec le Yucatán actuel, qui ne représente qu’une partie du Mexique. A l’époque, autour de l’an 2600 av. l’ère chrétienne,  le Yucatán regroupait le sud du Mexique, le Belize, le Guatemala, Honduras et  Salvador).

Les Mayas, un peuple savant

Tout comme les Olmèques, autre peuple Précolombien, les Mayas étaient connu pour leurs connaissances en astronomie, en mathématiques et dans le domaine de l’écriture (ils ont même inventé leurs propres hiéroglyphes). Toutes ces connaissances se retrouvent notamment dans la construction des pyramides et temples de l’époque. Le degré de précision et le niveau de détails sont le fruit de savants calculs, leur permettant d’organiser la vie des cités en fonction des saisons. Nombre de ces édifices peuvent être visités aujourd’hui et ont le pouvoir de nous laisser perplexe. Une question récurrente nous vient à l’esprit « Mais comment ont-ils fait, avec les moyens de l’époque, pour réaliser de tels prodiges architecturaux ? ».

Organisation dans les cités

La civilisation Maya  était divisée en 3 ordres - le Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etat. Noblesse et Prêtres vivaient dans la cité (centre religieux et lieu de pouvoir) alors que le peuple vivait dans les environs et s’occupait des taches agricoles (culture du maïs, du coton et du cacao, qui faisait office de monnaie d’échange lors du troc). Contrairement aux Incas et aux Aztèques, la civilisation Maya ne constitue pas un Empire (territoire soumis à l’autorité d’un unique souverain, l’empereur). En réalité, ils se répartissaient sur plusieurs villes, de tailles variables, chacune avec sa propre hiérarchie et parfois son propre langage. Cette organisation en a fait un peuple très autonome. Mais malgré cette forte indépendance vis-à-vis des uns et des autres, la culture Maya, leur mode de vie et leurs croyances restent les même au sein de toute la communauté.

Les Dieux Mayas

* Chaac – Dieu de la Pluie (Uxmal, Ruta Puuc)

* Kukulkán – Serpent à Plumes (Chichén Itzá)

* Kinich-Kakmó – Dieu du Soleil (Izamal)

Les Mayas et les Espagnols, une longue histoire (pas toujours rose)

D’un point de vue historique, les Mayas ont connu de nombreuses phases de conflits avec les Espagnols. Bien que le premier contact entre les deux populations ait eu lieu en 1502, il fallut attendre l’arrivée de Francisco Hernández de Córdoba et de ses troupes, en 1517, pour commencer à parler d’invasion Espagnole. Quelques années plus tard, la conquête du Yucatán, et plus particulièrement des terres Mayas débuta (en 1523). Elle s’étira jusqu’en 1547, date à laquelle la plupart des cités Mayas furent sous leur contrôle. C’est en effet à cette époque que de nombreuses villes ‘actuelles’ se développèrent (Valladolid, Izamal, Mérida…).

Durant des années, les tensions perdurèrent entre les deux peuples. Mais c’est en 1847 que le conflit prit une tournure dramatique, avec la guerre des Castes (qui se termina en 1901). Il s’agirait, selon les historiens, de la guerre la plus longue et la plus destructrice impliquant des populations indigènes (dans cette région du Monde). La conquête espagnole priva non seulement les Mayas de leurs terres sacrées mais leur donna également un statut de peuple avilit. C’est cette rancœur, portée pendant des siècles, qui les poussa à se rebeller quand un de leur village, Tepich, fut réduit en cendres. Ensemble, ils combattirent et récupèrent une grande partie de leurs territoires. Mais la guerre pris une tournure pour le moins étrange. Alors qu’ils sortaient victorieux du combat, les troupes Mayas se replièrent et posèrent les armes (il semblerait que des éléments météorologiques les poussèrent à retourner aux champs pour commencer les semences…). C’est donc en toute logique que les conquistadors Espagnols en profitèrent pour reprendre le dessus et finalement remporter la victoire.

 
 
 
 
 

Chichén Itzá ("Puits Itzás") - 7 Merveilles du Monde Moderne

Bien souvent quand je parle de Chichén Itzá on me dit « Chichén-quoi ? ». Et pourtant on en a tous entendu parler, à défaut de l’avoir vu de nos propres yeux. Ce que certains ignorent, c’est qu’en plus faire partie du Patrimoine mondial de l'Humanité depuis 1988 (UNESCO), le site est aussi considéré comme l’une des 7 merveilles du Monde moderne (depuis 2007). Impossible donc de ne pas s’arrêter pour le visiter.

Cette cité Maya aurait été fondée au début du Vè siècle. Je dis ‘aurait’ car malgré que ça soit l’un des sites les plus connus et étudiés du Yucatán, l’année exacte reste incertaine et varie selon les sources. On va donc rester vague… Originellement bâtie et habitée par le peuple Itzaes, Chichén Itzá a connu plusieurs phases d’occupation. En 692, les Itzaes désertent une première fois la cité pour ne revenir qu’à la fin du Xè siècle, accompagnés du grand prêtre Toltèque, Quetzalcóatl*. Durant son bref passage, il participa au développement de Chichén Itzá en faisant construire de nouveaux édifices. Après son départ, les Itzaes restèrent au pouvoir pendant près de 200 ans avant de peu à peu déserter pour de bon. C’est ce qui entraina la chute logique de Chichén Itzá qui rayonnait alors sur l’ensemble de la péninsule du Yucatán, au profit de Mayapán. Elle resta malgré tout un important lieu de pèlerinage, et ce jusqu’à l’arrivée des conquistadors espagnols en 1533.

* Quetzalcóatl est une des principales divinités Aztèque. Littéralement traduit par ‘serpent à plumes de quetzal’ (en Nahuatl) ou ‘Kukulkán’ (en Maya), on retrouve un grand nombre de sculptures et d'ornements le représentant sur l’ensemble du site.

Au vu de son histoire, on n’est pas surpris de retrouver à la fois une architecture Mayas et Toltèques. Tous les édifices construits avant l’arrivée de Quetzalcóatl font partis du Chichén Viejo (dans la partie sud du site). L’ensemble de ces bâtiments, dont le Conjunto de las Monjas, sont donc construits dans un style 100% Maya (sur les modèles Puuc et Chenes). En opposition, tous les édifices construits après l’arrivée de Quetzalcóatl font partis du Chichén Nuevo et ont de fortes influences Toltèques (le serpent à plumes est un motif récurrent, ainsi que le Chac Mool). Parmi les bâtiments de cette époque, on retrouve bien sûr le Castillo, mais également, le Temple des Guerriers et le groupe aux mille colonnes, le Temple du Jaguar et le Tzompantli.

El CastilloLes Itzaes érigèrent el Castillo, autrement appelé la pyramide Kukulkán, en l’honneur du grand prêtre Toltèque, Quetzalcóatl. De taille impressionnante (haute de 24 mètres et de base carrée, 55 x 55), elle a valu la renommée de Chichén Itzá dans le monde entier. Ce chef d’œuvre architectural regroupe en effet l’ensemble des connaissances mathématiques et astrologiques du peuple Maya.

Cette pyramide représente le calendrier maya. Elle se compose de neuf terrasses et d’un temple en hauteur. Ces différents niveaux sont reliés au moyen de quatre escaliers, un sur chacune des faces de la pyramide. Chaque escalier comporte 91 marches, soit 364 au total. En rajoutant celle qui permet d’atteindre le temple au sommet, on obtient 365, soit le nombre de jours d’une année solaire.

De symétrie parfaite, sa construction repose sur l’étude du soleil afin de prévoir les périodes de plantations et de récoltes, grâce à un subtil jeu d’ombres de lumières. En effet, deux fois par an, au moment des équinoxes (21 mars et 22 septembre), on peut assister à la descente sur terre du dieu Kukulkán sous sa forme originelle de serpent à plumes. Un effet d’optique se crée où on a l’impression de voir un serpent s’animer et onduler le long de la pyramide. Chaque année ce spectacle attire des milliers de visiteurs.

El Caracol (ou l’Observatoire) : De forme particulière et peu commune, le Caracol doit son nom à l’escalier en colimaçon (en ‘escargot’) qui permettait aux prêtres Mayas de venir observer la lune, les Etoiles et Vénus.

Le Jeu de Balle : La plupart des cités Mayas disposait d’un terrain pour pratiquer le Jeu de Balle. Celui de Chichén Itzá est le plus grand de la Mésoamérique (68 mètres de large et 166 de long). Bien plus qu’un simple jeu, les Mayas s’en servait comme rituel sacré pour pouvoir entrer en contact avec les forces de l’inframonde. Lors de cérémonies, deux équipes s’affrontaient au moyen d’une balle en caoutchouc qu’il fallait lancer dans deux anneaux en pierre. A la fin de la partie, le chef de l’équipe perdante était sacrifié (ou plus précisément décapitée).

El Tzompantli : Cette large plateforme ornée de milliers de crânes servait d’autel aux sacrifices humains. Empalées sur des perches, les têtes décapitées étaient exposées aux dieux, en offrande.

 

El Templo de los Guerreros y el Grupo de las Mil Columnas : Selon moi ce sont les deux édifices les plus  difficiles à se représenter. La plupart des façades et plafonds ont été détruits et pas ou peu restaurés. Il faut donc avoir un petit peu d’imagination pour visualiser à quoi ils pouvaient ressembler. Des colonnes un peu partout : rondes, carrées, debout, couchées… voici ce dont je me souviens. Ce sont elles qui permettaient de soutenir les plafonds  du bâtiment avant qu’il ne s’effondre. Notez qu’en réalité il n’y en a que 200 et qu’elles sont toutes ornées du Kukulkán qui veille.

Cenote Sagrado : Relié au Castillo par un chemin de sacbé (chemin de pierre) ce cenote géant est à l’origine du nom de Chichén Itzá qui signifie ‘Puits Itza’. Parfaitement rond, profond de 20 mètres et avec un diamètre de 60 mètres, c’est un véritable trou d’eau.

Selon les Mayas, les cenotes avaient un caractère sacré puisqu’ils leurs permettraient de communiquer avec l’inframonde. Au moyen d’offrandes (bijoux et pierres précieuses) et de sacrifices humains ils cherchaient à rentrer en contact avec les dieux au cours de cérémonies spirituelles. Ces rites religieux se déroulaient toujours de la même façon : les personnes sacrifiées étaient jetés dans le cenote dès l’aube, puis, quand le soleil atteignait son zénith, les survivants étaient repêchés. On demandait alors à ces ‘élus’ de faire des prédictions pour l’année à venir. La découverte d’une cinquantaine de corps, enfants, hommes et femmes confondus a permis de confirmer cette pratique.

Cobá, ("Eaux vives")

Après avoir visité Cobá, on n’est pas surpris d’apprendre que sa découverte est relativement récente (fin du XIXè siècle). Enfouie sous une forêt vierge particulièrement dense, il est quasiment impossible de repérer cette ancienne cité. Et pourtant, étendue sur plus de 70 km2, Cobá a longtemps tenu un rôle central au sein de la culture Maya au Yucatán (bien avant Chichén Itzá). Grâce à un réseau très développé de sacbé, elle était au cœur du commerce et des échanges. Ces chemins en pierre calcaire permettaient de relier un grand nombre de cités, dont Yaxuna la plus éloignée, à plus de 100 km. Au total, plus de 50 sacbé  ont été découverts mais seuls 16 d’entre eux sont accessibles au public. Avec un tel nombre, on peut facilement imaginer que ces voies de commerces ont également servis de chemins de migration. Et en effet, au cours des fouilles archéologiques menées sur le site, il a été mis en évidence la présence de plusieurs styles architecturaux, issus de différentes civilisations Mayas. On retrouve notamment des influences du style Petén (que l’on retrouve à Tikal au Guatemala) et des similitudes avec l’architecture du Teotihuacán (région du centre du Mexique, proche de Mexico City et de Puebla). Avec ces découvertes, petit à petit, les archéologues sont en mesure de retracer l’histoire de Cobá. Mais nous sommes bien loin de connaître tous ses secrets car la majorité du site est encore inexplorée. Pour vous donner une idée, on estime aujourd’hui qu’il existerait plus de 6000 structures réparties sur des hectares de forêt (pour rappel, plus de 70 km2). Et pourtant, seuls quelques édifices, réunis en trois zones principales, ont été restaurés - la pyramide principale Nohoch Mul ; la pyramide Xaíbé ; le temple Conjunto Pinturas et le groupe Macanxoc.  

Nohoch Mul : Formée de sept paliers et de bords arrondis, Nohoch Mul ne vous laissera pas indiffèrent. C’est l’une des seules pyramides Maya qu’il est possible d’escalader mais également la plus haute de la péninsule du Yucatán. Pas moins de  42 mètres ! Vue d’en bas, elle est impressionnante. Mais vue d’en haut, elle est remarquable. Des kilomètres de verdure s’étendent sous nos yeux. On distingue à peine le sommet des autres pyramides du site, tellement elles sont enfouies sous cette végétation luxuriante qui semble en avoir pris pleinement possession. Au loin, on devine la présence de deux lagunes, ce qui a valu le nom "D’eaux vives" à Cobá (la lagune de Macanxoc et la lagune de Cobá).

Uxmal

Classé depuis 1996 au patrimoine mondial de l’UNESCO, la cité antique d’Uxmal se distingue par un style architectural bien particulier, le style Puuc. Ses édifices aux lignes droites et aux nombreux ornements émerveillent dès le premier regard. Le niveau de détails est tel que nous nous perdons dans la contemplation de ces façades aux sculptures et mosaïques toutes plus belles les unes que les autres. Parmi elles, on retrouve de nombreuses représentations du dieu Chaac, dieu de la Pluie chez les Mayas et les Toltèques (il est représenté par un nez en forme de trompette, des yeux globuleux et deux crocs recourbés). En vouant leur culte et leurs prières à cette divinité, les populations vivant dans ces régions arides, espéraient ainsi remédier au manque d’eau dont ils souffraient cruellement. Pour rappel, les Mayas choisissaient en général de s’installer près des Cenotes, unique sources d’eau douce dans la région. Mais alors, pourquoi avoir choisi de bâtir Uxmal précisément à cet endroit ? En étudiant la topographie des lieux, on se rend compte que cet emplacement est malgré tout stratégique. Construite loin des côtes maritimes et sur les hauteurs de la péninsule, elle domine un ensemble d’anciennes villes Mayas, connues aujourd’hui sous le nom de "Ruta Puuc" *. Trop retirée dans les terres, les Espagnols ne virent d’ailleurs aucun intérêt à conquérir Uxmal, contrairement à Cobá ou Chichén Itzá. C’est pour toutes ces raisons que la plupart des bâtiments sont dans un très bon état de conservation. Bien que les principaux édifices soient restaurés et accessibles au public - d’ailleurs, il est possible de monter sur plusieurs d’entre eux, comme la Pirámide del Adivino, et Palacio del Gobernor ou la Gran Pirámide - les fouilles archéologiques demeurent dans de nombreuses zones afin de mieux comprendre l’histoire de ce site grandiose. Et ce n’est pas une mince affaire. En effet son origine reste un mystère. En Maya, Oxmal signifie « trois fois construite ». Mais une légende raconte qu’Uxmal aurait été bâtie en une seule nuit par un nain qui avait la faculté de prédire le futur, ce qui lui valut le nom de « cité invisible ».  Mythe ou réalité ?

Pirámide del Adivino (Pyramide du Devin) : Nommée ainsi en mémoire de la légende du nain, soit disant fondateur de la cité d’Uxmal, la Pyramide du Devin ne passe pas inaperçue. Remarquable par sa forme (base ovoïde peu commune) et par sa taille (35 mètres de haut et plus de 53 mètres de large) elle domine l’ensemble de la cité. Sa construction se fit en cinq temps (le niveau le plus bas correspondant à la phase n˚1 et le sommet à la phase n˚5). Pour ceux qui n’ont pas le vertige, 150 marches permettent d’accéder au temple supérieur.

Cuadrángulo de las Monjas (Le Quadrilatère des Nonnes) : Cet ensemble de bâtiments représente parfaitement l’architecture Puuc : quatre longs édifices aux fondations basses et aux façades richement ornées. En y regardant de plus près, on se rend compte que ces frises murales sont des témoignages directs de la vie des Mayas de l’époque. Des sculptures d’animaux, comme le serpent, le jaguar ou les oiseaux se mêlent aux humains et aux nombreuses représentations du dieu Chaac, dieu vénéré à Uxmal. Notez que, convaincus d’être face à un couvent, les conquistadors Espagnols le baptisèrent ainsi. En réalité il s’agissait du palais du Gouverneur de la cité d’Uxmal…

Palacio del Gobernor (Le Palais du Gouverneur) :  En terme de complexité, c’est probablement le bâtiment le plus abouti et le plus prestigieux de l’architecture Puuc. Sa structure en quatre étages et ses 98 mètres de long nous font sentir tout petit (d’autant plus qu’il se trouve au sommet d’une colline). Il faut monter sur la plateforme principale pour observer de plus près les milliers d’ornements recouvrant les façades du palais. Face à ce colosse de pierre, les Espagnols estimèrent qu’il s’agissait forcément de la résidence d’un Gouverneur. Du coup, si le pseudo couvent ‘Quadrilatère des Nonnes’ est en réalité le palais du Gouverneur, quel était la fonction de celui-ci ? Difficile de s'y retrouver…

Gran Pirámide (la Grande Pyramide) : Le principal intérêt de cette pyramide est de grimper à son sommet. En haut, la démesure d’Uxmal prend tout son sens. Entre la Pyramide du Devin, le pigeonnier (el Palomar) aux multiples niches, le Quadrilatère des Nonnes et le terrain de Jeu de Balles, on prend pleinement conscience du travail titanesque qu’il a fallu pour construire l’ensemble de la cité.

* "Puuc" est un terme Maya qui signifie « Collines ». C’est dans cette partie du Yucatán que se sont développées de nombreuses cités Mayas – telles que Uxmal,  Kabah, Sayil, Xlapak, et Labná. Leur apogée se fit tardivement, à la fin de la période classique (de 750 à 1000 ap. JC). Ensemble, elles forment ce que l’on appelle aujourd’hui la "Ruta Puuc".

X’cambó ('Shcam-bow')

C’est suite aux recommandations d’un petit papy, rencontré aux abords de la Laguna Rosada, que je suis me suis rendue dans l’ancienne cité Maya X’cambó. Contrairement à Chichén Itzá, Uxmal ou Cobá, ce site archéologique est relativement méconnu des touristes, ce qui le rend d’autant plus attrayant.

Une fois sur place, on remarque que son organisation diffère de la plupart des autres sites de la région. On y retrouve de nombreux édifices religieux (le Temple de la Croix ; le Temple des Sacrifices ; la Chapelle de la Vierge) formant une grande place centrale, lieu de cultes et de rassemblements (politiques et civiques). D’un point de vue organisationnel, les dirigeants de la cité et leurs familles habitaient vers le centre et le peuple plutôt en périphérie. Ensemble, ils ont développé le commerce du sel. En effet, en plus d’être un lieu de culte et de vie, X’cambó était également l’un des plus grands gisements du Yucatán. Sa localisation stratégique en a d’ailleurs fait le principal point de distribution dans la région (aujourd’hui encore).

En rénovation depuis peu, les ruines de X’cambó ont longtemps été utilisée comme matière première pour la construction des églises et des maisons des villages aux alentours.

Petite Anecdote : Lors de ma visite, il était nécessaire de signer un registre (nom et nationalité) de façon à estimer le flux de visiteurs annuels et de faire des statistiques. En gros, les locaux avaient un droit d’entrée gratuit et les visiteurs étrangers devaient payer une somme symbolique (ce qui revenait à quelques centimes d’euros si je me souviens bien). Peu habituée aux touristes, la personne à l’accueil était si reconnaissante qu’elle m’a dit d’indiquer être « una Mejicana ». Ainsi je m’affranchissais des frais d’entrée… Sympa les Mexicains !

Muyil (Chunyaxché)

Partiellement englouti sous une végétation dense, en plein milieu de la réserve de Sian Ka’an, Muyil dégage une atmosphère particulière, presque mystérieuse.

Datant de -350 avant JC, cette ancienne cité Maya fut longtemps connue sous le nom de Chunyaxché, qui signifie "écorce de ceiba", un arbre sacré selon les croyances de l’époque. Elle ne prit son nom actuel, Muyil ("conglomérat d'édifices"), qu’au cours de la colonisation.

Sous un soleil de plomb, Martine* nous raconte son histoire. Elle nous apprend qu’il s’agit de la plus ancienne cité antique de la région** (côte Est de la péninsule du Yucatán). Elle attire également notre attention sur son architecture à la fois unique et atypique. En effet, les fouilles archéologiques menées sur le site ont mis en évidence la présence de plusieurs styles architecturaux, dont le style Petén - associé à la cité de Tikal (civilisation Maya du Guatemala). Ce mélange unique nous permet d’affirmer que différentes civilisations Pré-Colombiennes, venues du Mexique et du Guatemala, ont régné sur Chunyaxché.

La visite du site nous aide à visualiser ces différentes influences : les vestiges de Muyil sont répartis sur trois zones géographiques, chacune étant marquées par un style architectural bien spécifique.

El Castillo (style Petén) : une pyramide de 17 mètres de hauteur. Comme la plupart des pyramides des temples Mayas, sa construction résulte de savants calculs. Aux solstices, le Soleil vient frapper la pyramide à un endroit bien précis. Les Mayas pouvaient alors se repérer dans le temps et ainsi organiser la vie de la cité : récoltes, plantations…

El Palacio Rosa (style ‘côte oriental’) : au milieu de la jungle on devine la présence d’un ancien temple. Au fil des années, les arbres et la végétation tropicale ont pris possession de ces ruines qui font presque partie intégrante du décor.

La Plaza Entrada (styles variés, de différentes époques) : cette place centrale rassemble de nombreux vestiges des habitats d’autrefois.

* Voir l'article sur la Biosphère de Sian Ka’an pour en savoir plus sur Martine.

** Avec les données dont nous disposons, en 2019.

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Au Travers L'Objectif

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